“L'inévitable prison”/”The inevitable prison” Volume in L’Année du Maghreb

Erica Johnson Edwards's picture

Dear Subscribers,

Marc André and Susan Slyomovics have co-edited a volume of the journal L’Année du Maghreb titled “L'inévitable prison”/”The inevitable prison.” This volume of the open access journal is due out this month. Susan Slyomovics provided the following description of the volume and the table of contents (in English and French).

Best,
Dr. Erica Johnson Edwards, H-French-Colonial Editor

With a majority of buildings erected in the colonial era and maintained in use after independence, prison is the ultimate "Panopticon" with which to reflect two centuries of Maghreb history. Specifically Algeria, a settler colony for 132 years, comprising three French departments and marked by two long wars of conquest (1830-1871) and decolonization (1954-1962), offers a rich field of analysis to understand not only similarities in the different prison system built overseas but also the legacies of this system after independence in Algeria as in France. In fact, the prison was a tool of colonial domination, political repression, and economic exploitation. The colonized and the “undesirable” French (military and opponents), women and men, were detained in massive numbers within a prison network complex that encompasses a vast number of sites of repression transformed into prisons (camps, psychiatric hospitals, barracks, etc.). Globally, the prison grouped together the colony, the metropole, and the penal colonies of French Guyane and New Caledonia. It was also, of course, a place of resistance entirely given over to the new Algeria. From a variety of sources (oral surveys, reports of psychiatric expertise, ego-documents, administrative, police, and judicial archives, works of art, etc.), differing approaches of anthropologists and historians, along with some elements of comparison with Tunisia, this volume shows that prison (this "world apart" as indicated by the title of the collage chosen to illustrate the cover) was omnipresent. It still haunts our memories. Inevitable, then.

Avec une majorité d’édifices construits à l’époque coloniale et maintenus en usage après les indépendances, la prison est le « panoptique » par excellence dans lequel se réfléchissent deux siècles d’histoire du Maghreb. Plus précisément, l’Algérie, colonie de peuplement pendant
132 ans, constituée de trois départements français et marquée par deux longues guerres de conquête (1830-1871) et de décolonisation (1954-1962), offre un terrain d’analyse particulièrement fécond pour comprendre non seulement la similarité dans la différence du système carcéral édifié outre-mer, mais aussi les héritages de ce système après l’indépendance en Algérie comme en France. De fait, la prison fût un outil de domination coloniale, de répression politique et d’exploitation économique. Elle a détenu massivement les colonisés et les indésirables français (militaires ou opposants), femmes ou hommes, au sein d’un réseau carcéral complexe, car englobant de très nombreux sites répressifs transformés en prisons (camps, hôpitaux psychiatriques, casernes, etc.), et mondial, puisqu’incluant dans un même ensemble la colonie, sa métropole, et les bagnes de Guyane ou de Nouvelle-Calédonie. Elle a aussi été, bien sûr, un foyer de résistances largement réinvesti dans l’Algérie nouvelle.
À partir de sources très différentes (enquêtes orales, rapports d’expertises psychiatriques, ego-documents, archives administratives, policières et judiciaires, œuvres d’art, etc.), de regards croisés d’anthropologues et d’historiens, de quelques éléments de comparaison avec la Tunisie, ce dossier montre que la prison (ce « monde à part » comme l’indique le titre du collage choisi pour illustrer la couverture) fût omniprésente comme elle hante encore les mémoires. Inévitable, donc.
Table of Contents/Table des matières

Introduction
L’inévitable prison. Éléments introductifs à une étude du système carcéral en Algérie de la conquête coloniale à aujourd’hui
Marc André, Susan Slyomovics

Dossier
1. Un établissement pénitentiaire singulier dans « l’archipel punitif » de l’armée française en Algérie : l’établissement des fers de Douera puis Bône (1855-1858)
Nadia Biskri

2. Exil pénal et circulations forcées dans l’empire colonial français.
Le cas particulier du convoi de transportés algériens du 27 juillet 1868 vers la Guyane française
Linda Amiri

3. Bagnards, « arabes » et porte-clefs en Guyane : naissance et usages d’un rôle pénal et colonial (1869-1938)
Marine Coquet

4. Regroupment Camps and Shantytowns in Late-Colonial Algeria
Benjamin Brower

5. Bourguiba d’une prison l’autre
Antoine Hatzenberger

6. Les papiers de Baya Hocine. Une source pour l’histoire des prisons algériennes pendant la guerre d’indépendance (1954-1962)
Sylvie Thénault

7. La prison des femmes de Tifelfel. Enfermement et corps en souffrance
Khedidja Adel

8. Des lieux pour un « non-lieu » : le camp algérien Paul-Cazelles et Hocine Kahouadji, militant FLN
Susan Slyomovics

9. Fresnes, prison algérienne ? (1954-1962)
Fanny Layani

10. Du camp à l'asile : les hospitalisations psychiatriques d'internés et de détenus politiques pendant la guerre d'indépendance algérienne
Paul Marquis

11. Expériences carcérales et traductions picturales. Le témoignage d’un peintre objecteur de conscience durant et après la guerre d’indépendance algérienne (1961-1964)
Marc André

12. Les camps d’internement du Sud en Algérie (1991-1995). Contextualisation et enjeux
Saphia Arezki

13. Existe-t-il une mémoire perspectiviste de prison ?
Emmanuel Alcaraz

HS. Algérien en Nouvelle-Calédonie : le destin calédonien du déporté Ahmed ben Mezrag ben Mokrani
Isabelle Merle