4e Conférence Internationale de l’Institut d’Études Africaines de Dakar (IEAD)

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Combler le Gap:

Les Black Studies ou les Etudes consacrées aux Noirs sous l’angle social, géographique, épistémologique et linguistique

6-7 Juillet 2018

Dakar, Sénégal

Il y a de cela 50 ans, en 1968, des étudiants issus de la minorité aux Etats-Unis, renforcés par les mouvements de lutte pour les droits civils des Noirs et son corolaire, le Black Power Mouvement, ont organisé des sit-ins et des manifestations, exigeant un curriculum plus diversifié au nom de la démocratisation dans le domaine de la production scientifique, un des fondements essentiels d’un monde plus juste.

Ces protestations ont mené à la création des premiers départements de Black Studies ou des Etudes consacrées aux Noirs dans beaucoup d’institutions académiques aux Etats-Unis. Un demi-siècle après ces moments révolutionnaires, des recherches menées à partir de la perspective des personnes de descendance, culture, vision et d’expériences africaines se sont développées dans le monde entier et ont produit des travaux des plus fondateurs et des plus stimulants dans le domaine académique.

Dans le même sillage, les Black Studies se sont infiltrées dans toutes les domaines de production scientifique des mouvements académiques anti-noirs, comme les sciences humaines, les arts, les sciences sociales, le droit, l’architecture, les sciences de la santé, l’évolution et l’écologie, l’ingénierie, l’agriculture et l’agro-alimentaire, les mathématiques, la biologie, pour ne prendre que quelques exemples. Pourtant, le discours officiel sur et par les Black Studies est toujours centré géographiquement sur les Etats-Unis, et, au plan intellectuel, sur les sciences humaines et les sciences sociales.

En outre, malgré le développement des études Afro-européennes en Europe, les études caribéennes au sein de l’Université des Indes Occidentales, et les études africaines en français, portugais et arabe sur le continent africain, il y a eu peu de contact entre chercheurs vivant dans différents endroits, parlant différentes langues, ou travaillant dans différentes disciplines. En plus de cela, il y a souvent un écart entre le discours scientifique et les préoccupations des personnes de descendance africaine. Les Africains, les personnes de descendance africaine, et leurs espaces ne sont souvent que des « sujets» à explorer, à examiner, et à analyser, tandis que les chercheurs ne réussissent pas à explorer, examiner, et analyser la pertinence de leurs travaux pour ceux qui sont de leur tour d’ivoire (du paysan, au propriétaire d’un petite entreprise, du guérisseur traditionnel au guide communautaire spirituel, etc.).

Le 4e Symposium de l’Institut de Dakar, en collaboration avec l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), le Centre de Recherche Ouest Africain (WARC), et le Département de Sociologie, Psychologie, Travail Social de l’Université des Indes Occidentales, Mona, a pour ambition de combler le gap au plan social, géographique, épistémologique et linguistique qui affecte les Black Studies aujourd’hui. Le comité d’organisation cherche à créer une plateforme qui offre l’opportunité de revisiter les ambitions trans-pluridisciplinaires et transnationales de la discipline au-delà des limites susmentionnées. Nous sollicitons des papiers, panels, et prestations (visuelles, musicales, dramatiques, etc.) qui :

  • Portent sur les limites du modèle des Black Studies centré sur les États-Unis et les contraintes liées aux frontières sociales, géographiques, linguistiques, épistémologiques et disciplinaires.
  • Explorent des questions et des thèmes de discussions au-delà de la tradition centrée sur les Etats-Unis et/ou sur les sciences humaines et les sciences sociales.
  • Portent sur la décolonisation des Black Studies à partir d’une perspective pluridisciplinaire
  • Repensent les représentations, inclusions, et égalités dans les institutions universitaires, l’enseignement et la recherche
  • Confrontent les legs en matière d’exclusion et d’oppression pour renforcer la rigueur et la responsabilité de nos espaces institutionnels, d’enseignement, et de recherche
  • Comparent les discours provenant de différentes zones géographiques
  • Proposent de nouvelles lectures des classiques des études africaines qui établissent un dialogue entre les générations d’intellectuels noirs du passé et du présent.
  • Se focalisent sur les transformations radicales dans les formes de production africaine du savoir et les pédagogies à travers des questionnements théoriques et/ou pratiques, à partir de différents angles des lettres, des sciences sociales, des arts, de la médecine et des sciences de la santé, des mathématiques, de la biologie, du droit, de l’économie, de l’architecture, etc.
  • Abordent les questions débattues dans les Black Studies, à partir des perspectives multi, inter, ou transdisciplinaires, ou à partir de disciplines éducatives, de la littérature, de la sociologie, de l’histoire, de la philosophie, de la danse, de la musique, de la linguistique, du droit, de la religion, de l’anthropologie, de l’économie, des sciences politiques, de la psychologie, etc.
  • Présentent des recherches en rapport avec le thème du symposium et qui attestent de leur utilité et pertinence pour les populations et la Diaspora africaines.

Les propositions d’articles doivent être de 250 mots au plus, avec 5 mots-clés.

Les propositions de prestations artistiques doivent au maximum comporter 250 mots et exprimer clairement les besoins en matière scénique.

Le délai d’envoi des résumés est fixe au 31 mars 2018.

Veuillez envoyer, le titre et le résumé de votre communication, ainsi qu’une courte biographie avec le sujet “Conference2018” à l’adresse suivante : conference@thedakarinstitute.com

 

PARTENAIRES

Université Cheikh Anta Diop

Centre de Recherche Ouest Africain

Université des indes occidentales, Mona, Jamaica